Livre : « Le cœur régulier» d’Olivier Adam

Idéal pour un week-end automnal pluvieux : on démarre et … on ne lâche plus avant la fin.

Les premières phrases : « C’est une nuit sans lune et c’est à peine si l’on distingue l’eau du ciel, les arbres des falaises, le sable des roches. Seules scintillent quelques lumières, de rares fenêtres allumées, une dizaine de lampadaires le long de la plage, deux autres aux abords du sanctuaire, le néon d’un bar, un distributeur de boissons, myriade de canettes multicolores sous l’éclairage cru. »

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Le Résumé de l’éditeur : « Vu de loin on ne voit rien », disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là « si parfaite ». Le coeur en cavale, elle s’enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d’un certain Natsume. En revisitant les lieux d’élection de ce frère disparu, Sarah a l’espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir, à ses risques et périls. Grâce à une écriture qui fait toute la place à la sensation, à l’impression, au paysage aussi bien intérieur qu’extérieur, Olivier Adam décrit les plus infimes mouvements du coeur et pose les grandes questions qui dérangent.

Mon avis : C’était mon premier roman d’Olivier Adam et j’ai été emportée sitôt le livre ouvert et ce jusqu’à la dernière phrase.

Sarah, l’héroïne donc, est une jeune femme (quoique pas si jeune que çà mais tout dépend où l’on se place) qui a a priori tout pour elle : deux enfants, un mari parfait, une belle maison et un super job.

Bien sûr ses enfants ne sont plus des enfants et elle ne les reconnaît plus, son mari parfait est aussi froid qu’un iceberg, ses collègues sont franchement odieux -ah ! la description de ce séminaire de motivation-, sa maison reflète uniquement le mari dont elle a la perfection.

Et en plus il y a son frère Nathan, marginal par choix, rebelle à toute intégration, alcoolique, suicidaire, ce frère adoré que par lâcheté –il n’est bien sûr pas bienvenu dans le monde idéal du mari parfait- et par confort, pour ne pas voir ce vivant reproche de ses choix de vie à elle qu’il est, elle finit par rejeter.

Il finit par mourir dans un accident de voiture qu’elle soupçonne être un suicide et elle part sur ses traces, dans une petite station balnéaire du Japon, là où il a lui-même vécu quelque temps. Elle y rencontrera un vieil homme ancien policier qui sauve et fait renaître les nombreux candidats au suicide ayant choisi les falaises de ce village perdu pour y terminer leurs jours, et une jeune lycéenne vivant une double vie partagée entre des journées studieuses –seul versant connu de sa mère- et des folles nuits. Elle y retrouvera des traces de son frère qu’elle ne connaissait peut-être pas si bien, ce qui lui donnera aussi l’occasion de commencer à se retrouver elle-même.

Les personnages secondaires du policier empli d’une mission ou de l’étudiante sont les plus intéressants du livre, moins caricaturaux que Nathan, l’artiste raté, Sarah, la quadragénaire en pleine crise de milieu de vie ou Alain le mari stéréotype du cadre sup.

Mais même si les personnages sont caricaturaux, le suspense est là et on se prend à vivre avec les personnages, à imaginer ce Japon provincial dont on ignorait tout et qui est si merveilleusement et finement décrit. On est même touché par Sarah, par cet énorme amour pour son frère, par sa prise conscience de sa solitude et de la vacuité de sa vie.

A travers son roman, Olivier Adam aborde également des thèmes tels que la cruauté du monde du travail, l’éloignement des enfants et dépeint cette frange surprotégée de notre société qui est incapable de se souvenir de ses racines et accepte si peu ceux qui –comme Sarah issue de classe plutôt modeste- viennent d’ailleurs.

Ce livre laisse donc un souvenir très agréable que ne perturbent en rien l’arrière-goût d’amertume et le sentiment mélancolique. Peut être à éviter en cas de phase de déprime !!! En tout cas, j’ai bien l’intention de lire les autres bouquins d’Olivier Adam.

Infos pratiques : Editions de l’Olivier – 2010 – 231 pages – 18€ (voir aussi du côté des occasions avec justbooks.fr)ou Poche Edition Points – 2011 – 6€

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