Livre : « L’Embellie» d’ Audur Ava Ólafsdóttir

L’étrange road-trip d’une femme et d’un enfant « prêté », autour de l’Islande, drôle, fantasque et attachant : un vrai coup de coeur.

La Présentation de l’éditeur : C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande.

En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans.

Qu’à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.

Il y a chez la grande romancière islandaise – dont on garde en mémoire le merveilleux Rosa candida – un tel emportement rieur, une telle drôlerie des situations comme des pensées qui s’y attachent, que l’on cède volontiers à son humour fantasque, d’une justesse décapante mais sans cruauté, terriblement magnanime. Vrai bain de jouvence littéraire, ses romans ressemblent à la vie.

 

L’auteur : Audur Ava Ólafsdóttir est née en 1958 à Reykjavík. Après l’immense succès de Rosa candida, elle nous offre l’Embellie, traduit pour la première fois en français.

Les premières phrases : « Quand je regarde en arrière sans vraiment respecter à cent pour cent la chronologie, nous sommes là, serrés l’un contre l’autre, au milieu de la photo. Je le tiens par les épaules et il m’attrape quelque part, plus bas par la force des choses ; une mèche châtain foncé barre mon front très pâle ; il affiche un grand sourire et tient quelque chose dans son poing tendu. »

 

Mon avis : L’héroïne est une trentenaire, traductrice, qui un soir de novembre écrase une oie –laquelle jouera un rôle non négligeable-, passe dire adieu à son amant, apprend que non seulement son mari est le futur papa d’un bébé qu’il a fait avec une autre qu’elle mais qu’en plus il veut divorcer, et se voit confier par sa meilleure amie son fils âgé de quatre ans, myope et presque sourd. Toutes ces épreuves semblent glisser sur la narratrice qui fait preuve d’une étonnante distance vis-à-vis d’elle même et de tout ce qui peut lui arriver, qui bien que maîtrisant une bonne dizaine de langues fait preuve d’une énorme difficulté à communiquer, particulièrement avec les hommes, et souffre d’une incapacité chronique à dire non à qui que ce soit.

Donc elle cuisine l’oie et choisit de partir sur la route qui fait le tour de l’Islande pour rejoindre un chalet qu’elle a gagné au loto et fait installer près d’une vieille maison familiale. En filigrane, s’entrecroise le récit plus grave d’une ancienne blessure d’adolescence qui donne une dimension supplémentaire au récit.

Au fil de ce périple initiatique, au milieu des rigueurs hivernale et dans des paysages désolés, des liens vont se créer, pas nécessairement à partir de mots, entre elle et l’enfant, mais aussi avec d’autres êtres, animaux ou humains, qu’ils croiseront.

C’est un livre frais, drôle –voire hilarant parfois-, tendre, attachant et généreux qui se termine par la liste de toutes les recettes de cuisine évoquées au cours du voyage, recettes écrites de façon tout aussi fantasque que le roman.

Une découverte de cette auteure qui m’était inconnue et un vrai coup de cœur.

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